Visite chez les Grands-ducs

Le Faucon pèlerin est un super prédateur. Cela signifie qu’il se situe tout au sommet de la chaine alimentaire. N’a-t-il pour autant lui-même vraiment aucun prédateur ? Pas tout à fait ! En effet, il partage en Belgique et au-delà en Europe, cette position avec le Grand-duc d’Europe. Le plus grand rapace nocturne du monde !

Les Grands-ducs habitent toute l’Eurasie, ou presque. Comme le Pèlerin, leur aire de répartition est donc très vaste. Et, comme chez les Pèlerins, la femelle est plus grande que le mâle. Sous nos latitudes, son envergure peut atteindre 180 cm pour un poids de 2.5 kg. Les valeurs sont respectivement d’environ 150 cm et 1.8 kg pour le mâle. Toujours comme les Pèlerins, les Grands-ducs nichent préférentiellement sur des falaises. Et, encore comme les Pèlerins, les Grands-ducs ont disparus de Belgique et d’Europe occidentale par faute des hommes. Tout comme les Pèlerins (décidément !) , ils sont revenus chez nous grâce à ces mêmes hommes qui ont pris les choses en main en mettant en place une législation au-delà des frontières des états: la fameuse directive européenne sur la conservation des oiseaux sauvages (1979) qui interdit et condamne la destruction, le piégeage, l’empoisonnement des Grands-ducs, des Pèlerins et de centaines d’autres espèces.

Les Grands-ducs sont revenus nicher en Belgique au début années ’80. Une première famille a été découverte dans la vallée de l’Amblève en 1982 et aujourd’hui, on estime la population entre 220 et 240 couples nicheurs dont 20-30 en Flandre ! Comme le Pèlerin, le retour du Grand-duc est Belgique est … super impressionnant !

Il y a donc de nombreuses similitudes entre ces deux oiseaux. Et une particularité unique : si, durant une prospection nocturne, un Grand-duc croise un Pèlerin endormi sur une falaise … Il le mettra à son menu comme un vulgaire pigeon ! Les Grands-ducs sont donc les uniques prédateurs des Pèlerins adultes.

Grands-ducs et Pèlerins sont donc suivis de près en Belgique depuis la fin des années ’80 pour le premier et le milieu des années ’90 pour le second. Les équipes et collaborateurs de l’Institut Royal des Sciences Naturelles répertorient et observent nids afin de suivre l’évolution de la population de l’un par rapport à celle de l’autre, afin connaitre le taux de réussite – ou d’échec – des nichées, afin d’observer le nombre de poussins par famille. Tous ces paramètres, et quelques autres encore, permettent de disposer d’un « tableau de bord » qui nous renseigne, simultanément, de la dynamique des deux espèces. Le but : tirer la sonnette d’alarme en cas de danger en se basant sur des données fiables car enregistrées sur le long terme. Un exemple ? Les données dont nous disposons vont permettre d’évaluer en toute objectivité et de manière fiable quelles sont les conséquences de l’épidémie de grippe aviaire que nous connaissons actuellement.

Et donc, chaque printemps, en plus des familles de Pèlerins, ce sont des dizaines de familles de Grands-ducs qui sont suivies en Belgique. Lorsque c’est possible, tout comme pour les Pèlerins, les petits Grands-ducs sont bagués. Les photos en annexe illustrent une opération réalisée aujourd’hui. Tout comme chez les Pèlerins, le nombre de poussins est compris entre 1 et 4. C’est une famille de quadruplés qui a été observée ce jour. Et au menu, il n’y avait pas de Pèlerin, mais… une Chouette effraie !

Blog 20052023 photo 1. Une famille de quadruplés de Grands-ducs d’Europe dans le sud de la Province de Namur

Blog 20052023 photo 2. Surprise !

Blog 20052023 photo 3. La pesée du benjamin (790 g)

Blog 20052023 photo 4. La pesée de l’ainé (1561 g)

Blog 20052023 photo 5. Une Chouette effraie au menu de la famille Grands-ducs.

Blog 20052023 photo 6. Des orchidées sauvages (Orchis mascula) fleurissent à proximité du nid

Blog 20052023 photo 7. La vue des Grands-ducs depuis leur nid. Magnifique Wallonie !

Blog 20052023 video 1. Un mimétisme incroyable ! Mais des yeux orange, dont la teinte va encore s’intensifier jusqu’au moment de l’envol

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