Une Perruche à collier au menu à Uccle, une Tourterelle des bois à la cathédrale

Le Faucon pèlerin est le meilleur chasseur aérien au monde. Sa capacité de capturer des proies en vol est sans égale.

Le blog du 22 avril (Le Pèlerin : l’animal le plus rapide au monde ! - Faucons pour tous 2023) décrit ses techniques de capture en vol à toute vitesse.

Être adapté au point de capturer une proie en piqué à 400 km/h est unique. Mais en plus, les Pèlerins ont la capacité de capturer une grande (très) diversité d’espèces d’oiseaux. C’est très remarquable, car, en général, les rapaces sont relativement spécialisés dans une « famille » de proie.

Au menu des Pèlerins, on peut trouver une Mésange bleue aussi bien … qu’une Oie rieuse. Le poids de la mésange avoisine les 10 g tandis que celui de l’oie peut atteindre les 3 kg ! Bien entendu, la technique de chasse va être différente pour l’une ou pour l’autre.

La mésange sera saisie en plein vol et emportée dans les serres (= les griffes) jusqu’à un perchoir ou elle sera dégustée. Ou bien encore sera-telle emmenée directement au nid afin de nourrir les fauconneaux. Il est fort probable que de telles petites proies soient avant tout capturées par les mâles Pèlerins dont le poids tourne autour des 650 g.

Pas question par contre pour un Pèlerin de saisir en vol une oie de 3 kg et de l’emporter tranquillement jusqu’à son nid ! La technique va consister à tomber en piquer et littéralement taper l’oie en plein vol. Le choc va probablement étourdir l’oie, au mieux lui briser la colonne. Résultat, elle va tomber au sol où le Pèlerin pourra l’achever en lui tranchant le cou. Ce type de capture est réservé à la femelle Pèlerin dont le poids se situe entre 1 kg et 1.1 kg. Sa force de frappe est terrible ! Mais la technique n’est pas toujours couronnée de succès. Il arrive bien souvent qu’une grosse proie ne soit que déséquilibrée par le choc et parvienne donc à poursuivre sa route. Dans ce cas, le Pèlerin va souvent tenter un deuxième piqué . Probablement car il sait que l’oiseau qu’il a déjà essayé de capturer va avoir du mal à lui échapper une seconde fois. Rien de gagné cependant, car le faucon va devoir fournir un effort considérable pour remonter le plus vite possible à des dizaines de mètres au-dessus de la proie convoitée afin de prendre assez de vitesse et donc assez de force que pour la heurter avec succès cette fois !

Pas d’Oies rieuses au menu des Pèlerins bruxellois, mais bien des Mésanges bleues et … des dizaines d’autres espèces. Soixante-six espèces différentes ont été identifiées rien que pour les Pèlerins de la cathédrale ! La liste complète se trouve ici (lien vers https://www.fauconspourtous.be/proies).

Les vidéos en annexe montrent deux captures bien différentes. La première date d’hier et se déroule à l’église Saint Job. Il est 07h37 et la femelle apporte à ses 3 fauconneaux une Perruche à collier * très fraichement capturée. Elle n’a même pas pris la peine de la plumer avant de l’apporter dans le nid.

Le seconde capture date d’avant-hier. Elle est le fait du couple de la cathédrale. Il s’agit d’une Tourterelle des bois. Cette tourterelle est une grande migratrice qui justement revient d’Afrique à cette période. L’espèce est maintenant fort rare en Belgique et dans toutes les régions d’Europe occidentale. La faute à une agriculture terriblement intensive qui ne laisse plus de zones où des graminées porteuses de graines bien nutritives vont pouvoir pousser « librement ». Et c’est là un incroyable paradoxe de la situation de la conservation de la Nature aujourd’hui. Le Faucons pèlerin était au bord de l’extinction il y 50 ans. Il a été sauvé car les pesticides qui, à cette époque, empoisonnaient notre environnement, ont été bannis. La Tourterelle des bois était abondante il y a 50 ans. Elle est en très mauvaise posture aujourd’hui car l’agriculture n’est plus en équilibre avec notre environnement. Arriverons-nous à enrayer son déclin ? Pas sûr. Risque-t-elle de disparaitre de larges régions dont la Belgique. Oui. Le mâle Pèlerin de la cathédrale qui plume consciencieusement une Tourterelle des bois qu’il vient de capturer ne réalise évidemment pas ce paradoxe. Il assure sa propre descendance. Car nous lui avons donné la chance de survivre.

Blog 07052023 vidéo 1. Une Perruche à collier au menu à Uccle Saint Job

Blog 07052023 vidéo 2. Une Tourterelle des bois au menu à la cathédrale

* Plus de 10.000 Perruches à collier sont recensées à Bruxelles. Elles y ont été introduites au début des années ’70 afin d’égayer les parcs ! Autre temps !

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