Premières aventures à Uccle

Les deux fauconneaux mâles d’Uccle découvrent depuis une semaine maintenant le quartier de la place Saint Job de cette commune du sud de Bruxelles.

Le premier envol a été observé le 22 mai : le jeune faucon marqué avec la bague N/2, avait été repéré et photographié sur le rebord de fenêtre d’une habitation située non loin du clocher (photo 1 & 2).

Deux jours après, le même faucon est de revu place Saint Job. La lecture, au télescope, du code de sa bague permet de déterminer qu’il s’agit bien de N/2. C’est un festival aérien ! N/2 vole de gauche à droite au-dessus de la place. Parfois, il bat frénétiquement des ailes comme s’il n’avait pas encore bien compris comment faire. A d’autres moments, il vole parfaitement à une dizaine de mètres au-dessus des platanes qui encadrent la place. Il a cependant encore du mal à atteindre la girouette située tout au sommet du clocher, mais se pose régulièrement sur les rambardes du dôme situé à l’arrière de l’église. De là, il saute sur un coin de toit et puis encore sur une autre rambarde. Il découvre le monde ! Ces premiers vols, ces premières découvertes s’effectuent sous l’œil attentif des deux parents. La mère faucon est particulièrement attentive et semble ne pas quitter le fauconneau des yeux (photo 2).

Le lendemain, N/2 est toujours présent : il se toilette sur le rebord du toit d’un des immeubles qui fait face à l’église. La place Saint Job est l’un des endroits de Belgique où l’on peut observer le mieux les Faucons pèlerins car tant l’église que les bâtiments avoisinants sont relativement bas par rapport à ce que l’on observe généralement chez les Faucons pèlerins.

N/2 passe de nombreuses minutes à lisser consciencieusement ses plumes (photo 4 & 5). L’entretien du plumage chez un oiseau, et singulièrement chez un Pèlerin, est essentiel à sa survie. Un plumage en mauvais état, des plumes cassées, vont inévitablement réduire ses capacités à capturer efficacement des proies. Ce comportement est inné chez les oiseaux, ce ne sont pas les parents qui l’apprennent à leurs fauconneaux !

A propos d’apprentissage, il est crucial en ce qui concerne les techniques de chasse. Ici aussi, le fauconneau doit se débrouiller seul. C’est une combinaison entre de l’instinct – qui en fait un « chasseur-né » - et un auto-apprentissage par le célèbre système « essais-erreurs ». Le fauconneau a l’instinct de chasser, donc de repérer une proie en vol, de la poursuivre, de s’en saisir, de la tuer. Mais cela c’est la théorie. Il faut absolument que le fauconneau apprenne de chacune de ses tentatives afin d’être de plus en plus performant. Il doit mémoriser la ou les techniques les plus efficaces. C’est l’acquisition de l’expérience qui est cruciale pour son avenir.

Les premiers jours du jeune faucon en dehors du nid sont donc particulièrement délicats. Et des mésaventures arrivent de temps à autres. Cela a été le cas du fauconneau N/3 qui a s’est retrouvé coincé dans un ilot d’immeubles situé à un petit kilomètre de l’église Saint Job. Il ne parvenait plus à remonter le long des façades de ce « puit » de béton et restait au sol comme résigné. Prévenue par les riverains, la Ligue pour la Protection des Oiseaux a envoyé sur place une équipe de son hôpital pour animaux sauvages. Aussitôt dit aussitôt fait, le jeune faucon a été récupéré et immédiatement transporté au cabinet vétérinaire qui se trouve place Saint Job. Un rapide examen a permis de constater qu’il était en parfaite condition ; il a donc pu être remonté sur le toit de l’église très rapidement.

Depuis lors, les deux fauconneaux sont observés régulièrement place Saint Job. Si vous passez par-là, tendez l’oreille ! Car ce sont les cris des jeunes faucons, qui quémandent encore un peu de nourriture auprès de leur parents, qui permettent le mieux de les repérer.

 

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