Les fauconneaux de Saint Job ont été bagués

Faucons pour tous, c’est la partie de partage avec le grand public du programme de monitoring de la populations de Faucons pèlerins mis en place par l’Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique dès le retour de l’espèce en Belgique en 1994.

Ce programme d’étude et d’observation a pour but de surveiller et de comprendre l’évolution de la population afin de pouvoir tirer la sonnette d’alarme à temps si jamais une nouvelle menace assombrissait (à nouveau…) le ciel des Faucons pèlerins. Une menace pourrait être le projet de (fausse) stérilisation des pigeons domestiques actuellement en discussion à Bruxelles et au-delà en Belgique. Nous en reparlerons !

Le programme se base sur un réseau de collaborateurs expérimentés qui, aux 4 coins de la Belgique, répertorient les couples nicheurs, décrivent la typologie des sites de nidification, comptent le nombre de fauconneaux et, si possible, les baguent. Le baguage est particulièrement intéressant, il permet des analyses plus complètes.

Le baguage consiste à positionner à la patte d’un oiseau un anneau en métal indestructible, gravé d’un code unique et de l’adresse de l’institution scientifique responsable. L’oiseau est donc identifié individuellement. Le système est comparable à un passeport ou à la plaque minéralogique d’une voiture (voilà qui n’est pas très romantique !).

S’il est réobservé, capturé ou finalement trouvé mort, il sera possible de retracer le parcours de l’oiseau bagué, de connaitre son histoire naturelle. Les stratégies de migration pourront être déterminées. Les relations entre un environnement et un couple pourront être évaluées. Les causes de mortalité, le taux de survie, la fidélité entre partenaires, la longévité sont autant de paramètres qui pourront être observés, analysés, calculés. Le plus intéressant est que les observations réalisées pourront être comparées de site en site, de région en région, d’année en année afin d’observer l’évolution de la population de faucons en fonction de différents éléments comme l’évolution des pratiques agricoles, des législations en matière de pesticides ou de chasse, l’urbanisation ou encore le réchauffement de notre planète.

Dans la cadre de programmes particuliers, comme celui en cours en Belgique sur les Faucons pèlerins, il peut être utile de positionner une seconde bague, à l’autre patte bien entendu. Cette bague est colorée et gravée d’un code très court et donc écrit en grand caractères. Le but ? Pouvoir lire le code à distance et donc suivre les faucons à distance, en les observant à l’aide d’un télescope. Ou d’une caméra comme dans "Faucons pour tous" !

Le baguage offre d’autres possibilités, indirectes celle-là. En manipulant les fauconneaux pour les baguer, on peut en profiter pour les peser et les mesurer ! En comparant le poids avec la mesure de l’aile, il est possible de déterminer s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. Lorsque la nichée n’est pas suivie par caméra, ces mesures permettent également de déterminer l’âge des fauconneaux et donc de déduire la date de ponte et donc de déterminer le début de la nidification. Voilà à nouveau un paramètre important lorsque l’on souhaite étudier l’évolution d’une espèce et plus largement l’évolution de notre environnement.

Les mesures récoltées ont permis de déterminer que la nichée de l’église Saint Job compte ce printemps 2 femelles et 2 mâles. Les deux femelles ont été marquées avec des bagues noires gravées des codes ATJ et ATK. Elles pesaient respectivement 810 g et 787 g En ce qui concerne les mâles, les codes sont ATL et ATP pour un poids respectif de 572 g et 617 g.

La vidéo en annexe illustre l’opération de baguage. Celle-ci demande quelques minutes par fauconneau. Il s’agit d’être le plus efficace et le plus rapide possible afin de remettre les jeunes dans leur nid sans délai. Les parents faucons, comme tous les parents oiseaux, ne reconnaissent pas leurs jeunes à l’odorat. La manipulation par des humains ne pose donc pas de problèmes. Au contraire des parents mammifères comme les lapins, lièvres, chevreuils, chez qui le risque d’abandon d’un jeune est très important à partir du moment où il a été touché par l’homme.

Le couple de Pèlerins d’Uccle niche dans le clocher de l’église Saint Job depuis 2015. En comptant cette année, les deux partenaires ont élevés dans l’intervalle 25 fauconneaux qui se partagent entre 9 femelles et 16 mâles.

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