Le point sur la situation à la cathédrale des Saints Michel et Gudule

La situation est maintenant claire dans le centre de Bruxelles : les Faucons pèlerins ne nicheront pas ce printemps à la cathédrale des Saints Michel et Gudule. Une visite tout en haut de la tour Nord a permis de constater que la coupe parfaitement façonnée début avril par les faucons dans le substrat du nid avait été piétinée dans tous les sens. Et qu’il n’y avait pas d’œufs.

Cela, nous le savions déjà. Les observations régulières réalisées depuis le sol  indiquaient bien que les faucons ne couvaient pas. Pourtant, ils sont bien présent ! Trois individus sont très régulièrement posés sur l’édifice. Ce sont les même qu’au début du mois d’avril : un mâle éclos et bagué à la collégiale Saint Guidon d’Anderlecht au printemps 2017, une femelle éclose et baguée en Allemagne en 2016 et une femelle hybride, échappée de captivité et qui avait déjà été observée à la cathédrale mais également à la basilique de Koekelberg au cours du printemps 2018. Très étonnement, ces trois oiseaux semblent  faire bon ménage. Pourtant les Pèlerins sont réputés particulièrement territoriaux. Les combats mortels entre femelles sont observés quasi chaque année en Belgique.

A quelques reprises au cours du mois écoulé, des accouplements ont été observés entre le mâle anderlechtois et la femelle allemande. Jamais avec la femelle hybride. La femelle se pose très haut sur une gargouille. Elle se positionne à l’horizontale. Le mâle arrive rapidement et se pose directement sur son dos ! Elle remonte la queue, il baisse la queue, afin que leur cloaque se touche pour de permettre la fécondation. Un signe évidemment annonciateur de nidification ! Et pourtant.

Alors, pourquoi les Pèlerins ne nichent-ils pas à la cathédrale ce printemps ? Deux hypothèses. La première est que les partenaires ne sont pas assez complices. En effet, les Pèlerins sont fidèles en couple, bien que quelques cas de divorce soient connus. Ils se relaient pour couver, nourrissent ensemble leurs fauconneaux, chassent régulièrement de concert, l’un pourchassant une proie de manière bien visible tandis que l’autre l’attrape par surprise, défendent un territoire toute l’année. Il s’agit donc que la communication passe parfaitement entre les deux oiseaux. D’après les informations dont on dispose, ils se sont « rencontrés » pour la première fois début mars à la cathédrale. Un peu court pour une nidification quelque semaines plus tard ? Très probable.

La seconde hypothèse est celle de l’élément perturbateur: la femelle hybride. Les Pèlerins sont monogames. Ce n’est pas dans leurs gènes que de conclure un ménage à trois. D’autre part, cette femelle hybride, fruit d’une fécondation artificielle, doit très probablement être troublante pour le « couple » pur. Elle est plus grande que la normale, présente un plumage atypique pour un Pèlerin et vocalise probablement différemment des Pèlerins purs. On pourrait donc penser qu’ils se tolèrent – ce qui est déjà exceptionnel – mais que de là à nicher, il y a un pas infranchissable.

On peut même proposer une troisième hypothèse. La combinaison des deux précédentes.  Union récente + élément perturbateur = trop c’est trop !

Moralité, les Pèlerins n’ont pas déserté la cathédrale des Saints Michel et Gudule ! Ils sont bien là. Ils ont parfaitement repéré le nid. Ils ont identifié les meilleurs perchoirs et en profitent. Ils connaissent les cachettes où stocker des proies pour les jours de mauvais de temps. Ils survolent le centre de Bruxelles en permanence, se posent au sommet de la tour de l’Hôtel de Ville sur la Grand-Place. Pas de doutes, ils se sont approprié le cœur de Bruxelles !

Venez les voir en vrai depuis le Poste d’observation temporaire que nous organisons de 12h00 à 18h00 tous les mercredi et samedi jusqu’à la fin mai. Avec un peu de patience, il sera possible de les observer au télescope et même de les photographier avec votre smartphone ! Dans tous les cas, venez poser vos questions et chercher votre affiche « Faucons pour tous 2019 » !

 

Photo 1 Le nouveau couple de la cathédrale posé sur la croix de la cathédrale (photo Thibaut Van Tomme).

Photo 2 La nouvelle femelle allemande sur le balcon du nid (photo DV).

Photo 3 Le poste d’observation temporaire est organisé tous les mercredi et samedi de mai de 12:00 à 18:00 (photo DV).

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