Le film du baguage à l'église Saint Job d'Uccle

Les deux fauconneaux d’Uccle ont été bagué hier (video 1) . La comparaison de leur poids avec la mesure de leur aile permet de déterminer qu’il s’agit de 2 mâles. Un autre moyen de conclure qu’il s’agit de mâles consiste à observer la grosseur des pattes. Chez les mâles, elle sont nettement plus fines que ce n’est la cas chez les femelles. Ceci correspond à nouveau au fait que les femelles Pèlerins sont beaucoup plus corpulentes que les mâles et qu’elles sont capables d’attraper des proies de grandes tailles comme des canards, voire des oies sauvages. Evidemment, dans ce cas, les faucons sont incapables de transporter leur proie jusqu’à leur nid. Impossible pour un Pèlerin d’emporter dans les airs un Canard colvert d’un kg ou une Oie rieuse de 2.5 kg !

L’opération de baguage demande quelques minutes par fauconneau. Il s’agit d’être le plus efficace et le plus rapide possible afin de remettre les jeunes dans leur nid sans délai. Les parents faucons, comme tous les parents oiseaux, ne reconnaissent pas leurs jeunes à l’odorat. La manipulation par des humains ne pose donc pas de problèmes. Au contraire des parents mammifères comme les lapins, lièvres, chevreuils, chez qui le risque d’abandon d’un jeune est très important à partir du moment où il a été touché par l’homme.

Cela ne signifie pas que les parents Pèlerins sont insensibles à l’opération ! Lorsqu’ils se rendent comptent que l’on s’approche de leurs fauconneaux, ils réagissent avec véhémence. C’est la femelle qui a le rôle principal. Probablement pas en conséquence d’un instinct maternel particulièrement développé, mais plutôt, à nouveau, car elle est beaucoup plus forte que le mâle et donc plus à même de repousser ce qu’elle considère comme « l’attaque d’un prédateur ». Elle attaque donc l’intrus, la plupart du temps sans hésiter. Si l’intrus est bien visible, elle va piquer vers lui jusqu’à quelques mètres, voire, dans les cas les plus exceptionnels, à aller jusqu’à le frôler. Le mâle, lui, ne pique pas. Il reste à distance mais crie de toutes ses forces afin d’intimider l’importun. Si celui-ci n’est pas complètement visible, la fauconne peut être encore plus agressive et attaquer toutes serres en avant. Ce n’est pas le cas de tous les individus. Certains, plutôt certaines, sont (beaucoup) plus véhémentes que d’autres. C’est le cas de la femelle qui niche à Uccle depuis (au moins) le printemps 2016 ! Elle semble n’avoir peur de rien. Dès que l’on fait glisser le petite porte qui permet d’accéder au nid afin de régler la caméra ou, le moment venu, d‘aller chercher les fauconneaux afin de les baguer, cette femelle Pèlerin se précipite. L’attaque est impressionnante. Elle plante sans hésiter ses serres puissantes dans la main qui s’avance vers le fauconneaux ! Le moyen évident afin d’éviter de se faire transpercer est d’attendre qu’elle soit absente. Mais une femelle Pèlerin ne s’éloigne que rarement de ses fauconneaux. Au moindre cri, elle rapplique dans le nid afin de vérifier que tout se passe bien. Et le cas échéant de mettre le potentiel prédateur en déroute.

Pareils comportements montrent combien les Faucons pèlerins sont d’exceptionnels parents. Leur attachement à leurs jeunes et l’énergie qu’ils mettent à les défendre explique pourquoi les cas de prédations et de mortalités chez les fauconneaux au nid sont très exceptionnels.

Le couple de Pèlerins d’Uccle niche dans le clocher de l’église Saint Job depuis 2015. Jusqu’à présent, il avait à chaque printemps élevé 4 fauconneaux. En 2015, la nichée comptait 1 femelle et 3 mâles, en 2016, c’était juste l’inverse avec 3 femelles et 1 mâle. Le printemps passé, équilibre parfait avec 2 femelles et 2 mâles.

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