Eclosion en cours à Woluwe-Saint-Pierre !

La femelle qui niche ce printemps au sommet de la tour de la maison communale de Woluwe-Saint-Pierre a pondu son premier œuf le 8 mars, le deuxième le 10 mars, le troisième le 13 mars et le quatrième le 16 mars. Une ponte de 4 œufs correspond au maximum normal pour une femelle de Pèlerin. Le maximum « anormal », disons plutôt exceptionnel, est de 5 œufs.

Classiquement, une femelle de Pèlerin pond un œuf toutes les 48h – le temps nécessaire pour que celui-ci se forme dans le corps de l’oiseau. La femelle de Woluwe-Saint-Pierre a effectivement pondu ses deux premiers œufs à intervalle de 2 jours, mais pour le troisième et le quatrième, l’intervalle a plutôt été de 3 jours. Rien de préoccupant a priori, mais le témoin du fait que dans la nature il y a la norme et puis, souvent, la réalité, en fonction de la condition physique des individus, de la disponibilité en proies, des conditions météorologiques… Le processus de ponte représente une fameuse dépense d’énergie chez une fauconne. Un œuf de Pèlerin pesant en moyenne 50 g, la femelle de Woluwe-Saint-Pierre a « produit » l’équivalent de 200 g, soit environ 20% de son poids. Et cela en 8 jours !

Après l’étape de la ponte, suit, évidemment, celle de l’incubation. Chez les Pèlerins, elle est de 32 jours et débute à la ponte de l’avant-dernier œuf. Cela a bien été le cas ici, puisque les parents se sont relayés sur leurs 4 œufs à partir du 13 mars. Chez les Pèlerins, mâle et femelle se partagent le temps de couvaison. La part de la femelle est cependant plus importante que celle de son partenaire. Elle couve de normale toute la nuit et environ 2/3 du jour. Ici aussi, les comportements varient, probablement en fonction des individus. C’est l’incubation, à 37.7°C, qui va permettre le développement embryonnaire jusqu’au moment où, complètement formé, le jeune oiseau va percer sa coquille. Et nous y sommes !

Aujourd’hui en fin d’après-midi, après 33 jours de couvaison attentive, le processus d’éclosion a débuté a Woluwe-Saint-Pierre ! C’est la cinquième année consécutive que des Pèlerins nichent dans le clocheton de la tour de la maison communale. Et c’est toujours une émotion. L’éclosion est une phase cruciale du processus de nidification. S’extraire de la coquille représente un effort considérable pour le poussin. Il doit d’abord déchirer la membrane dans laquelle il est enfermé depuis plus de 4 semaines. Cela lui permet d’accéder à la « poche à air » qui se situe du côté du gros bout de l’œuf. L’oisillon commence alors à respirer pour la première fois. Rapidement, il doit ensuite percer la coquille afin de disposer d’air frais. Mais il est toujours bien coincé dans l’œuf et il s’agit maintenant de s’en extraire ! La dernière étape consiste donc à cisailler parfaitement la coquille afin de la « décapsuler » comme on le fait pour manger un œuf à la coque. Mais évidemment, sans couteau et de l’intérieur ! Sans couteau oui, mais pas sans outil ! Une excroissance très dure, appelée « dent de l’œuf » ou « diamant » s’est développé à l’extrémité du bec du poussin. C’est elle qui va lui permettre de découper la coquille aussi efficacement. Un exploit qui va se faire en 2 étapes : d’abord un découpage circulaire, ensuite une poussée du bas vers le haut afin de faire « sauter » la partie découpée. Un exploit que chaque oiseau, du roitelet à l’autruche doit réaliser !

Dernière particularité : durant tout le processus d’éclosion, y compris avant le percement de la coquille, le poussin et ses parents sont en contact vocal ! Pépiements et petits cris se succèdent comme l’illustre la vidéo en annexe filmée sur un autre site ce printemps.

 

Photo a : La mâle couve, on voit très bien la coquille percée.

Photo b : La femelle relaie le mâle durant le moment très délicat de l’éclosion.

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